L’Ouest-Hérault : saisir les opportunités économiques et démographiques

L’Ouest-Hérault : saisir les opportunités économiques et démographiques



 

Le territoire ouest-héraultais s’étend sur 3 000 km² et se compose de 159 communes pour 286 000 habitants. Ses deux principales villes sont Béziers et Agde. La population du territoire est à 69% composée d’actifs, pour un taux de chômage de 19% (sens du recensement*) contre 14% pour la France et un revenu médian de 17 800 € contre 20 150 € pour la France. Economiquement, il accueille 5 800 entreprises pour un chiffre d’affaires total de 9,0 milliards € (1,5 millions € par entreprise). Ces entreprises sont principalement des commerces et des services (61%) puis de la construction (13%).

Les problématiques de développement du territoire ouest-héraultais se concentrent autour de trois axes. Tout d’abord, faire monter en gamme l’agriculture et le tourisme. Ensuite, capitaliser sur les fonds publics nationaux pour relancer l’industrie locale. Enfin, tirer un intérêt économique de la présence des retraités et attirer des populations jeunes.

Premièrement, les activités touristiques et agricoles de l’Ouest-Hérault doivent monter en gamme. Le tourisme est concentré sur des activités saisonnières, notamment balnéaires, et attirent des populations habituées. Il en résulte une fracture entre l’économie estivale et l’économie hivernale et un grand nombre de résidences secondaires. La viticulture souffre d’un déficit de réputation à l’échelle nationale qui ralentit son développement et crée un manque à gagner en matière d’œnotourisme. Enfin, l’agriculture non viticole souffre d’un manque de différenciation, proposant des produits comme le miel ou les olives hautement concurrencés par l’Espagne et la région PACA. Les propositions d’Asterès pour remédier à ces problématiques s’établissent en trois grandes familles :

Diversifier l’hébergement et les activités touristiques proposées : pour sortir de son modèle touristique basé sur les résidences secondaires en été, l’Ouest-Hérault doit développer ses hébergements et proposer des activités non saisonnières. Les campings doivent être incités à ouvrir toute l’année et un partenariat avec des intermédiaires type Airbnb et des conciergeries doit permettre de proposer les résidences secondaires en location de courte durée. Attirer des tourismes à l’année suppose de développer l’offre d’activité comme le nautisme, l’œnotourisme, l’agrotourisme et de communiquer sur le patrimoine du territoire.
Opérer un changement de réputation en fédérant tous les acteurs de la filière viticole : le déficit de réputation viticole de la région peut être comblé en faisant participer les acteurs du secteur à une montée en gamme générale de la production. L’organisation d’un festival international doit permettre de communiquer sur les produits en visant les experts et les influenceurs.
Valoriser les produits agricoles à travers la communication et les labels : les labels sont un excellent moyen de favoriser la différenciation agricole et d’assurer une rente pour les productions du territoire. Aujourd’hui seule une production agricole non-viticole possède un label AOP : les Lucques du Languedoc. Il convient de fédérer les exploitations dans de puissantes coopératives, d’obtenir des labels et de créer une histoire autour de produits comme le miel ou les olives.

Deuxièmement, l’industrie du territoire doit capitaliser sur les grands plans nationaux pour se renouveler et échapper à la concurrence européenne. L’industrie biterroise est en effet fortement concurrencée par les autres pays européens, notamment l’Allemagne et l’Europe de l’Est. Cela s’explique par sa spécialisation dans de la sous-traitance industrielle ayant une valeur ajoutée réduite. L’industrie est de plus freinée par une pénurie de personnel qualifié sur le territoire, conséquence d’un manque de diversité des formations proposées dans le supérieur. Enfin, les startups sont regroupées au sein d’une pépinière (Innovosud) mais sont peu en contact avec les acteurs éducatifs et les autres entreprises du territoire, ce qui freine leur développement. Pour résoudre ces problématiques, Asterès propose de :

Utiliser l’ensemble des ressources offertes par les différents niveaux administratifs et privés pour transformer l’industrie du territoire : Le Gouvernement a mis en place pour 2019 le plan « Territoires d’Industries » pour lequel Béziers et Agde ont été sélectionnées. Ce plan d’1,4 milliards € répartis en 123 zones doit être communiqué par des organismes comme le MEDEF aux entreprises du territoire pour qu’elles puissent l’exploiter. La région, le département et l’agglomération ont également toutes les trois des rôles à jouer dans le renouvellement industriel du territoire. Béziers ou Agde pourraient notamment accueillir des projets d’envergure financés par la région. Enfin, les acteurs privés peuvent également jouer un rôle. Un parc à thème privé sur le domaine du cinéma est ainsi à l’étude aux portes de Béziers, et il est important que ce projet soit accompagné par les collectivités.
Renforcer les synergies entre acteurs éducatifs et industries : Cela passe notamment par la mise en adéquation de l’offre éducative du territoire avec ses besoins en matière d’emplois. Aujourd’hui, l’Université du Guesclin-Béziers (principale université de la zone) ne propose que peu de formations liées aux domaines du vin, du tourisme ou de l’aéronautique. Il faut également diversifier la formation professionnelle et mettre en relation des industries et des centres de formation afin de créer des synergies. Cela peut par exemple passer par le MEDEF ou l’Association ACTIV.
Développer des projets innovants centrés autour des startups : L’innovation et le renouvellement industriel du territoire doivent également passer par ses startups. La pépinière Innovosud doit être mise en relation avec plus d’acteurs éducatifs pour favoriser l’entreprenariat au sein des universités et l’innovation au sein des entreprises. Les collectivités pourraient également se porter candidates pour des projets pilotes comme les lieux de test pour les voitures autonomes afin d’attirer des startups sur le territoire tout en améliorant l’offre de transport.

Troisièmement, la démographie du territoire doit se muer en atout : il convient de valoriser économiquement l’installation des seniors et d’attirer plus de jeunes. La population biterroise est vieillissante. Sa moyenne d’âge augmente continuellement, étant passée de 44,3 à 45,0 entre 2010 et 2015. La Silver Economy qui se développe autour des populations retraitées contribue trop peu à l’économie du territoire. Asterès propose d’activer deux leviers :

Faire des populations retraitées un atout économique : l’épargne et la consommation des seniors résidant sur le territoire doivent profiter au tissu économique local. Des livrets d’investissement locaux doivent permettre de rapatrier l’épargne des seniors placée sur des assurances vies. Une politique privée d’adaptation des logements au vieillissement doit être lancée. Le MEDEF devrait ainsi déterminer le tiers de confiance à même d’inciter les seniors à préparer leur habitation au grand âge. Enfin, les connaissances des jeunes retraités doivent être valorisées via des plateformes de transfert de compétences envers les jeunes actifs.
Renforcer l’attractivité du territoire auprès des populations actives via les transports, le sport et l’offre culturelle. Le réseau de transports au sein du territoire ouest-héraultais et entre les villes de la zone, Montpellier et Toulouse doit être renforcé. Le MEDEF ou les collectivités pourraient faciliter l’implantation d’une plateforme de covoiturage courte distance pour relier les centres villes aux zones industrielles. La réputation sportive de Béziers et les infrastructures disponibles doivent permettre le développement de sections sport étude pour attirer de nouvelles populations. Enfin, l’offre culturelle étant abondante, il convient de communiquer sur les activités disponibles et sur les tarifs avantageux offerts aux jeunes.

 

 

*Le chômage au sens du recensement est plus élevé que le chômage au sens de Pôle Emploi car il se base sur des réponses aux questions plutôt que sur une mesure du nombre d’inscrits