Pour sauver la planète, faites des enfants !


31 juillet 2019

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C’est la troisième semaine de septembre que le nombre d’accouchements atteint un pic en France. Deux raisons à cela : d’abord, cela correspond au pic de relations sexuelles du 1er janvier ; ensuite, de nombreux couples arrêtent de prendre des moyens de contraception l’été, espérant voir arriver l’heureux événement au printemps. Malheureusement pour eux, la nature les fait généralement attendre quelques mois de plus. Quoi qu’il en soit, au moment où ce numéro de L’Express sort des rotatives, de nombreuses Françaises souhaitent tomber enceinte. 

Nombreuses, elles le sont de moins en moins en réalité. Le taux de fécondité de la France est tombé à 1,92 enfants par femme en 2016 après 1,95 en 2015 et 2 depuis 2006. Il diminue pour l’ensemble de la population, sauf les immigrées pour lesquelles il est stable et supérieur à la moyenne nationale. Ce phénomène est général. Dans l’Union européenne, le taux de fécondité est de 1,6. Il n’est que de 1,8 aux États-Unis, 1,6 en Chine et moins de 1,5 au Japon. Globalement, la fécondité d’un pays recule avec l’augmentation du revenu par habitant. Pour reprendre le langage clinique des démographes, plus les individus sont aisés, plus ils privilégient la « qualité » des enfants à leur « quantité ». Autrement-dit, ils préfèrent investir dans leur éducation, leurs loisirs, leur santé…

D’autres facteurs, d’ordre « moral », interviennent également désormais dans les pays développés, notamment cette idée selon laquelle il ne faut pas contribuer à la « surpopulation » mondiale. On remarque au passage que cet argument discrédite la thèse selon laquelle la société technologiste du XXIe siècle pousserait les individus à faire des enfants pour leur bon plaisir, comme s’il agissait d’un simple acte de consommation. Il n’en reste pas moins que ce sophisme de la surpopulation, même bien intentionné, est faux.

Déjà, le taux de fécondité mondial chute, ce qui va stabiliser la population à un niveau de l’ordre de 11 milliards d’individus en 2100. En dehors de l’Afrique sub-saharienne, le vieillissement est plus problématique qu’une soi-disant « bombe démographique ». Cette peur de la surpopulation est ancestrale. Dans The Population Bomb en 1968, Paul Ehrlich prévoyait que l’augmentation de la population mènerait à l’épuisement des ressources naturelles et à la multiplication des famines. En 1972, le Club de Rome publiait son rapport sur les limites de la croissance. Quelques années plus tard, après avoir mené un travail rigoureux, Julian Simon montrait que l’homme avait toujours résolu les problèmes de rareté des ressources. Simon mettait en doute la validité même de la notion de « ressources naturelles ». Dans son argumentation, l’intelligence humaine devenait l’ultime ressource. La réalité a contredit les prédictions d’Ehrlich et du Club de Rome et confirmé celles de Simon. Entre 1960 et aujourd’hui, la population mondiale s’est accrue de près de 4 milliards de personnes et la malnutrition a continué de refluer.

Certains couples pensent de la même façon qu’enfanter contribue au dérèglement climatique. Cette idée est aussi fausse que la précédente. Les émissions de CO2 sont le produit de trois facteurs : la population, le PIB par habitant et l’empreinte carbone par unité produite. Réduire le PIB par habitant n’est pas possible, l’immense majorité des individus peuplant notre planète souhaitant améliorer leur condition matérielle et celle de leurs enfants. C’est l’empreinte carbone qu’il faut réduire, ce qui exige une population formée, innovante, tournée vers l’avenir et sensibilisée aux enjeux planétaires. Plus nous serons nombreux et riches, plus nous serons en capacité de résoudre les problèmes qui se présentent à nous. Chers amoureux, passez donc un excellent été. Faites des enfants que vous aimerez et dont vous vous occuperez. C’est ce que vous pouvez faire de mieux pour l’avenir du monde !

Article publié dans L’Express le 31 juillet 2019

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