Comment lutter contre le réchauffement climatique


7 novembre 2018

 

 

Photo by Thomas Hafeneth on Unsplash

Si l’on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique, il convient d’écouter sa tête plus que son cœur. Aujourd’hui, les Français sont perdus. Perdus car ils ont du mal à percevoir une logique d’ensemble dans la politique de la majorité, le statut du président étant même passé aux yeux de l’opinion de « président des riches » à « président des pollueurs ». Du côté de l’opposition, les LR voudraient lutter contre le réchauffement climatique sans augmenter les taxes sur l’essence et en refusant par principe les péages urbains. Démagogie quand tu nous tiens…  Essayons-donc ici de faire de la pédagogie. Si l’opinion publique a longtemps sous-estimé le dérèglement climatique et ses conséquences, elle sous-estime aujourd’hui notre capacité à résoudre au moins partiellement le problème.

Déjà, il convient de tuer les fausses idées. Parmi elles, la décroissance et le socialisme. La décroissance, incarnée par Nicolas Hulot ou Pierre Rabhi, voudrait nous faire croire que faire moins, c’est faire mieux. Cette idée est erronée à trois titres. Erreur anthropologique d’abord : l’humain est fondamentalement un être d’Histoire et de progrès. Nous naissons libres pour participer à la construction du monde, non pour revenir en arrière. Erreur pratique ensuite : comment mener une politique de décroissance ? Par une politique de contrôle de naissance ? Faut-il instaurer des tickets de rationnement ? Erreur technique enfin : rien ne dit que la décroissance soit dépolluante. En substituant du charbon au nucléaire, les Allemands ont mené une politique de décroissance dont personne n’oserait prétendre qu’elle soit bonne pour l’environnement. Le socialisme écologique est vanté en France par l’ineffable France insoumise. Il constitue une impasse comme la décroissance. Philosophiquement, la défense de l’environnement ne saurait justifier une quelconque dictature comme le prétendent certains. La liberté des humains est un principe cardinal. Et des points de vue pratiques et techniques, il n’existe aucun lien entre l’intervention de l’État et l’écologie. En Europe, ce sont au contraire des pays libéraux (la Suisse, les Pays-Bas, l’Autriche, les pays du Nord) qui sont les plus inventifs en matière de politique environnementale.

Une bonne politique pour l’environnement doit s’enchâsser dans les structures de la démocratie libérale. Elle doit respecter trois principes. D’abord, elle doit viser un objectif unique qui est, selon moi, la baisse des émissions de CO2. De façon concrète et dans le contexte français, cela signifie qu’il faut encourager la production et l’utilisation d’énergie électrique. En amont en renonçant à fermer des centrales nucléaires. En aval en conservant les systèmes de bonus-malus et en accélérant le développement de bornes de recharges pour les automobiles électriques. Ensuite, une bonne politique ne doit pas insulter l’avenir technologique. Le progrès technique n’est pas linéaire et il est impossible de dire aujourd’hui qui, de l’énergie solaire, de l’éolien offshore ou du nucléaire nouvelle génération, sera l’énergie la plus rentable et la plus écologique. La politique doit donc fixer des objectifs de réduction d’émission de CO2 et non de développement de telle ou telle technologie. Enfin, il ne faut pas hésiter à décentraliser la politique de lutte contre le réchauffement climatique. Erik Orsenna rappelle qu’aujourd’hui, dans ce domaine, les villes sont plus actives et efficaces que les États. Ce sont elles qui, par exemple, peuvent organiser au mieux le recyclage des déchets. C’est aussi la raison pour laquelle je suis très favorable à ce que les villes puissent mettre en place des péages urbains pour les véhicules polluants. Laissons aussi respirer les initiatives politiques locales.

 

Article publié dans L’Express du 31 octobre 2018

 

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