Alerte éco – Vive l'inflation faible… en France


Alerte éco inflation
14 octobre 2014

Mardi 14 octobre, l’Insee a publié les chiffres de l’inflation pour le mois de septembre 2014.

L’inflation ralentit en France, à 0,3% annuel en septembre. Corrigés des variations saisonnières les prix ont baissé en septembre de 0,1%.

– Le ralentissement de l’inflation est notamment guidé par la baisse des prix de l’énergie, de -2,5% sur un an (lié au ralentissement de la demande mondiale et à l’exploitation du gaz de schiste). L’inflation sous-jacente (qui traduit l’évolution profonde des coûts de production) est nulle sur un an.

L’entrée en déflation est souvent présentée comme un facteur déprimant la consommation. Pourtant, là n’est pas (encore) la question.

– Les prix baissant, les ménages retarderaient leurs achats, ce qui déprimerait la consommation ferait encore baisser les prix et augmenterait le chômage. Ce cercle vicieux ne se met en place qu’avec une déflation forte (plus de 1%) dont l’économie française est très loin. En août 2014, la consommation des ménages était ainsi en hausse de 1,4% sur un an.

Le ralentissement de l’inflation a un impact positif sur la compétitivité-coût des entreprises.

– Le rythme de l’inflation influence directement le coût du travail : les minimas sociaux n’augmentent plus, limitant la hausse des charges, et les salaires des employés augmentent moins, limitant la masse salariale.

– L’inflation française (0,3% sur un an) étant inférieure à l’inflation en zone euro (0,4% sur un an à fin août), la compétitivité-coût des entreprises françaises se renforce dans la zone.

– Seulement, l’entrée en déflation de l’Espagne (-0,5% sur un an à fin août) et de l’Italie (-0,2% sur un an à fin août) joue l’effet inverse. Si la compétitivité-coût des entreprises françaises augmente dans la zone euro, elle baisse face à deux partenaires majeurs, l’Espagne et l’Italie.

La zone euro connaît un problème de politique économique : les économies nationales ont intérêt à entrer en déflation pour baisser leurs coûts et vendre à leurs voisins. Seulement, une déflation à grande échelle pourrait déprimer la consommation.

– La BCE joue sur la totalité des leviers de la politique monétaire (conventionnels ou non) pour atteindre son objectif : une inflation proche de 2%.

– Mario Draghi a rappelé que la reprise économique ne pourrait passer par la seule action de la BCE et que les Etats devaient favoriser l’investissement, privé comme public.

– En France, le gouvernement oscille entre politique déflationniste (gel des minima sociaux, déréglementation) et déficitbudgétaire pour soutenir les prix. La bonne politique économique allie réformes de structure (marché du travail, libéralisation dans les services) et relance de l’investissement, privé comme public.

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