Alerte éco – Le problème de crédibilité demeure


Alerte éco
16 septembre 2014

Le 16 septembre, le Premier Ministre Manuel Valls a prononcé à l’Assemblée son discours de politique générale.

Déception après le discours de politique générale du Premier Ministre. Manuel Valls a énergiquement rappelé les actions menées, en évacuant les sujets du moment. Du Valls dans le style, du Hollande dans le texte.

– Le début du discours du Premier Ministre débutait par un constat correct : la France doit conduire ses réformes structurelles en faveur de l’offre quand la zone Euro doit mener une politique de relance par l’investissement.

– La faible compétitivité de l’économie française se mesure par son déficit commercial (29 milliards € au premier semestre 2014) et par la faiblesse du taux de marge des entreprises (28% contre 37% en moyenne dans l’UE). Dans la zone euro, la faiblesse de l’investissement par rapport à l’épargne se lit dans l’excédent commercial (21 milliards € en juillet).

– Au niveau européen, se met en place un policy mix articulant les mesures expansionnistes de la BCE (baisse des taux à 0,05% et mesures non-conventionnelles) et les annonces de Jean-Claude Junker sur les investissements de la BEI (à hauteur de 300 milliards €).

Le discours économique est enfin cohérent mais les actes ne suivent pas. La politique de l’offre, voulue par le gouvernement, se limite au pacte de responsabilité mais tarde à s’étendre à d’autres champs. Le Premier Ministre a évoqué la simplification normative sans mesures concrètes et a éludé les questions de réformes du marché du travail et de remontée des seuils sociaux.

– La mise en pratique du discours économique semble entravée par la méthode choisie. Sur le marché du travail et les seuils sociaux, le gouvernement refuse d’agir directement pour s’en remettre à la méthode élue depuis le début du quinquennat : le dialogue social.

– Pourtant, la nécessité d’agir vite et fort, couplée à la faible représentativité des syndicats rend cette méthode peu adéquate et peu efficace. On aurait pu attendre de Manuel Valls qu’il enchaîne les réformes pour en tirer un bénéfice politique. Tel n’est pas le cas, et derrière les principes, l’action se fait encore attendre.

Les réformes structurelles sont pourtant la condition de la reprise en France (en attendant l’effet d’éventuel mesures européennes et sachant que les politiques de l’offre ont un impact de moyen-long terme) et de la crédibilité gouvernementale (pour peser sur les choix européens).

– La crédibilité du gouvernement vis-à-vis des partenaires européens et des marchés est mise à mal par l’incohérence qui entoure la politique de réduction des déficits. Le déficit de 4,4% en 2014 est présenté comme une mesure conjoncturelle de soutien à l’économie alors qu’elle est la conséquence de rentrées fiscales inférieures aux prévisions.

– Aucune piste n’est donnée quand aux 50 milliards de réduction de dépenses sur 3 ans. La publication par Moody’s d’un communiqué sur la France en fin de semaine sera à regarder de près. Du fait de la faible inflation, les taux longs réels auxquels le Trésor emprunte remontent légèrement.

– La formation d’un nouveau gouvernement n’aura finalement pas réglé les problèmes majeurs de politique économique depuis le début du quinquennat : sa lenteur d’action et son manque de crédibilité.

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