Alerte éco – La hausse des prix français passe par un nouveau policy mix


Alerte éco inflation
14 janvier 2015

L’Insee a publié ce mercredi 14 janvier l’indice des prix à la consommation du mois de décembre 2014.

Indice des prix à la consommation négatif en octobre puis positif en décembre, léger recul de l’inflation sous-jacente, sommes-nous en déflation ? La question hante. En très faible hausse ou en légère baisse, peu importe, depuis un an, les prix stagnent.

– En décembre 2014, l’IPC a augmenté de 0,1% par rapport à novembre et sur un an. Corrigé des variations saisonnières, il recule de 0,1% par rapport à novembre. Sur un an, l’inflation sous-jacente, qui traduit l’évolution profonde des coûts de production, est de – 0,1%.

Le contexte inflationniste français doit être lu dans son environnement européen : même monnaie et principaux partenaires commerciaux, les prix français sont intimement liés avec ceux de nos voisins.

– Au mois de décembre 2014, les prix dans la zone euro ont reculé de 0,2%, soit la première baisse depuis octobre 2009. Cette baisse est tirée essentiellement par les prix de l’énergie. Le ralentissement de l’inflation allemande, à +0,2%, son plus bas niveau depuis 2009 joue aussi.

La faiblesse de l’inflation en zone euro pose un problème majeur, non de spirale anti-consommation, mais plutôt de remboursement de la dette publique. A ce niveau, la stagnation des prix ne repousse pas la consommation à plus tard mais elle maintient stable le coût de la dette, plutôt que de le réduire.

– La dette publique de la zone euro s’élève à 90% du PIB de la zone. Historiquement, l’inflation constitue une arme de destruction massive de la dette publique. La question politico-économique grecque ne peut ainsi se poser sans aborder le sujet de l’inflation en zone euro. La dette publique grecque s’élève à 177% du PIB du pays. Sans nouvelle remise de dette, une politique de remboursement sans inflation revient pour les grecs à dire adieu à toute politique publique d’ampleur pour bon nombre d’années.

– Plus largement, le montant des dettes publiques italiennes (135% du PIB), espagnoles (99% du PIB) ou françaises (95% du PIB) incite fortement à sortir de la stagnation actuelle des prix pour accélérer leur remboursement. Les politiques d’austérité étant déflationnistes, il convient de trouver des leviers de soutien aux prix qui ne soient pas les budgets des états endettés. L’Europe est une chance : elle doit permettre l’action conjointe d’états-membres.

Pour relancer les prix dans la zone euro et permettre un remboursement plus rapide des dettes publiques, comment s’y prendre ?

– La relance des prix dans la zone euro passera par une coordination des actions de la BCE, de la Commission et des états membres, dans un policy mix d’un nouveau genre, tant par son ampleur que par ses acteurs. La BCE joue pleinement son rôle, avec des politiques monétaires accommodantes. La Commission tente de s’accorder en menant le plan Juncker d’investissement européen. Les états-membres continuent leur triste partition soliste.

– Le schéma est simple. Aux économies ayant une dette faible et une balance commerciale positive (comme l’Allemagne ou l’Autriche) de relancer l’investissement et la consommation. Aux économies ayant un endettement élevé et une balance commerciale négative (comme la France) de mener des politiques de baisse des dépenses publiques et de compétitivité.

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