Alerte éco – Dysfonctionnement total du marché du travail


Alerte éco
4 décembre 2014

Le jeudi 4 décembre, l’Insee a publié le taux de chômage du T3 2014 au sens du BIT.

Au troisième trimestre le taux de chômage augmente : il s’élève à 10,4% de la population active contre 10,1% au deuxième trimestre. Quelque soient l’âge ou le sexe, tous les segments sont touchés.

En France métropolitaine, le taux de chômage des 15-24 ans passe de 22,7% à 23,7%, celui des 25-49 ans de 9,1% à 9,3% et celui des plus de 50 ans de 6,5% à 6,7%.

Le taux de chômage des hommes augmente de 0,2 points (de 9,9% à 10,1%), idem pour celui des femmes (de 9,4% à 9,7%).

En plus d’une hausse générale du taux de chômage, l’emploi stable recule.

Le taux d’emploi en CDI est en baisse, passant de 49,1% au T2 à 48,9% au T3. Les créations de postes en CDI sont devenues rares. Au T2, 84% des embauches s’étaient faites en CDD. Cela confirme la nécessité d’agir sur le format du contrat de travail pour favoriser les embauches.

La part du sous-emploi augmente fortement, passant de 6,2% au T2 à 6,5% au T3. L’augmentation est plus soutenue chez les hommes (de 3,4% à 3,7%) mais le phénomène continue de toucher surtout des femmes (9,4% de sous-emploi chez les femmes).

Hausse du taux de chômage sur tous les segments, recul de la part des CDI et montée du sous-emploi, la conclusion est claire, alarmante et malheureusement rabâchée : le marché du travail français est dans un état de dysfonctionnement majeur.

Un dysfonctionnement quasi-systémique du marché du travail appelle à des mesures de grande ampleur, non des bricolages visant à soutenir quelques populations ciblées. Si le taux de chômage augmente sur tous les segments, la première cause est le manque de créations de postes, non le manque d’assiduité des demandeurs d’emploi dans leurs recherches.

Afin de relancer la création d’emplois en France, deux mesures structurelles peuvent porter des effets rapidement, quand deux autres auront un impact à plus long terme.

Espérons que la remise du Prix Nobel d’économie à Jean Tirole donnera enfin aux politiques l’envie d’appliquer ses travaux, en particulier le contrat unique. Créer un contrat dont les droits arrivent progressivement (qui commence comme un CDD et devient en plusieurs années un CDI) permettrait aux entreprises de gagner en flexibilité. Deuxième mesure qui peut créer « un appel d’air » à court terme : relever les seuils sociaux. Cela permettrait aux entreprises ayant des besoins d’embauches de n’être plus limitées par ces effets de seuils.

A plus long terme, le Code du Travail doit être considérablement simplifié : de 600 articles en 1973 il est passé à plus de 10 000 aujourd’hui. Rappelons que le code suisse comporte un cinquantaine d’articles. La complexité juridique des relations d’emploi ne peut que freiner les embauches. Enfin, il convient de réformer la formation professionnelle pour requalifier les travailleurs des secteurs en perte de vitesse.

Enfin, avec des seuils sociaux relevés, un contrat de travail qui ne désincite pas à embaucher, des réformes de fond de simplification et de formation continue, les entreprises françaises pourraient embaucher si la demande augmente sur leurs produits. Encore le faut-il ! C’est notamment l’objectif du plan d’investissement de la Commission européenne. Après avoir mis le taux de chômage au cœur des discours, espérons que le gouvernement le mette au cœur des actes. Les gens n’ont plus d’emploi, au gouvernement de se mettre au travail.

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