Le Figaro – L'économie n'est pas une fonction régalienne


9 March 2015

Ce n’est pas la première fois que l’économie se dérobe sous les pieds de l’État. C’est même courant: le président de la République ne comprend pas pourquoi le CICE et le pacte de responsabilité ne se traduisent pas encore en emplois sonnants et trébuchants. Son prédécesseur avait comme projet de «chercher la croissance avec les dents», cette injonction maxillaire ayant eu peu d’effets réels. Mais depuis quelques jours le désordre n’est plus seulement macroéconomique: c’est Areva, l’un des plus beaux avatars de la politique industrielle à la française, qui connaît de graves difficultés. Par ailleurs, on voit bien que le gouvernement ne sait pas trop quoi faire avec France Télévisions. Quant à Air France, elle s’enlise; les personnels sont nerveusement exsangues, baladés depuis des années par une direction technocratique qui a perdu une grande part de sa crédibilité originelle.

Est-ce à dire que le secteur privé ne connaît pas le même genre de difficultés? Non bien entendu. Il existe un grand nombre d’entreprises privées mal gérées et qui connaissent des crises de confiance internes. Mais les entreprises dont l’État est actionnaire ne doivent pas être comme les autres. Elles sont financées en partie par l’argent du contribuable et ont un devoir d’exemplarité. Les administrateurs de l’État sont censés avoir une influence sur leur stratégie afin de protéger les intérêts dits «supérieurs» de la nation (lesquels intérêts ne sont d’ailleurs jamais clairement définis). J’entends chaque semaine, à Paris et en province, des hauts fonctionnaires et des préfets prodiguer sur un ton hautain des leçons de saine gestion aux entreprises. Sont-ils incapables de se les appliquer? Que font les administrateurs de l’État présents dans ces entreprises? Sont-ils individuellement mauvais? Personne ne peut sérieusement le penser. Sont-ils soumis à des contraintes politiques? Évidemment et il faut être bien naïf pour penser que la présence de l’État dans les conseils d’administration apporte la sagesse et la vision de long terme qui manquent au privé. La réalité, c’est que l’intérêt de l’État actionnaire n’est pas celui de l’économie à long terme mais celui de la paix sociale à court terme. C’est pourquoi on minimise la situation d’un certain nombre d’entreprises, privilégiant des «plans de départ volontaires» sur des «plans sociaux» et mettant en péril leur pérennité.

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