Les associations en France : une empreinte majeure, à la fois économique et sociétale

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Si les associations jouent un rôle structurant dans la cohésion sociale et territoriale, elles ont également une empreinte sociétale et économique majeure. Asterès, qui se concentre uniquement sur ces derniers aspects, estime la contribution économique totale des associations à 6% du PIB français et 2,8 millions d’emplois directs et indirects, dans l’ensemble des territoires.

ASTERES – Empreinte socioéconomique des associations – 08042026

Démographie : un fort dynamisme, notamment porté par les liens sociaux et les loisirs

Avec plus de 1,2 million de structures actives recensées en 2024, le secteur associatif français témoigne d’une vitalité remarquable. Ce dynamisme s’appuie sur un flux constant de 70 000 nouvelles associations créées chaque année, assurant une progression de 1 % par décennie. Une large majorité d’entre elles (65 %) se consacre aux activités de loisirs et au renforcement du lien social, et l’engagement des 13 millions de bénévoles, représentant au total 20 millions d’actions de bénévolat, dans les associations se concentre prioritairement sur le sport, l’impact social et la solidarité. Ce dynamisme, qui n’est pas homogène, met en lumière des disparités territoriales : il se manifeste de façon particulièrement marquée en Bretagne et dans le Sud de la France, où les enjeux locaux favorisent une complémentarité entre bénévolat et emploi salarié. Cette disparité apparaît également dans le recours au salariat : dans les territoires ruraux, le poids de l’emploi associatif dans le privé est généralement plus élevé que dans les zones urbaines. Cette distinction s’explique par le fait que, en zone rurale, l’association supplée l’absence de secteur lucratif pour les services essentiels comme la santé ou la dépendance.

Budget des associations : une pression financière croissante entre recul des financements d’État et hausse des charges

Avec un budget total de 118,7 Mds€ en 2023, le secteur associatif mobilise des financements publics à hauteur de 53 Mds€, combinant subventions (17 %) et recettes d’activité d’origine publique (28 %), le reste étant couvert par des ressources privées (cotisations, dons, ventes de services). Ces financements sont principalement portés par les départements (16 Mds€) et le bloc communal (7 Mds€), qui constituent les premiers contributeurs locaux du secteur. Les interventions du bloc communal s’articulent majoritairement autour du sport, de la culture et du secteur socioculturel, tandis que les départements financent en priorité leurs compétences sociales (frais de séjour en établissements médico-sociaux, APA, PCH), qui représentent près de 90 % de leurs dépenses aux associations. Après une croissance de 5 % en 2024 et 7 % en 2025, les financements de l’État aux associations subiront une contraction de 19 % en 2026, soit 2,2 milliards d’euros, constituant un effet de ciseau pour le secteur. Dans le même temps, les associations subissent depuis plusieurs années une pression croissante sur leurs charges, qui continuera en 2026. Sur un échantillon des 15 principales associations françaises, les salaires ont progressé de 7 % et les cotisations sociales de 4 % entre 2023 et 2024, tandis que la générosité du public reculait de 5 %, fragilisant leur équilibre financier. D’un point de vue général, en 2025 et 2026, cette pression se poursuit : le coût du travail est attendu en hausse de 1,9 % pour 2026 après une hausse de 1,8 % en 2025, les loyers et les achats de services de 1,6 % chacun en 2026 après une hausse de 2,3% chacun en 2025.

Les associations françaises comme secteur de l’économie : 1,9 million de salariés

Sur le plan de l’emploi, si seulement 11 % des associations ont recours à des salariés, elles emploient néanmoins 1,9 million de personnes, pour une masse salariale totale de 46,9 Mds€. L’effet des associations sur l’emploi local diffère sensiblement selon les territoires : si la part de l’emploi associatif culmine à 31 % en Lozère, elle tombe à 4 % dans les Hauts-de-Seine. Cette hétérogénéité se retrouve également dans les budgets départementaux, la masse salariale variant de 80 M€ en Creuse à 4,7 Mds€ à Paris.

Contribution socio-économique indirecte : près d’1 million d’emplois engendrés dans le reste de l’économie par les dépenses des associations

En prenant en compte les effets d’entraînement des associations sur l’ensemble de l’économie, au-delà de leur impact direct, le secteur contribue au total à 2,8 millions d’emplois, 219 Mds d’euros d’activité et une valeur ajoutée de 6% du PIB. La contribution globale revêt ainsi une dimension macroéconomique, avec une activité totale qui se rapproche de celle du secteur de la construction en France (220 Mds€). Ces effets d’entrainement sont mesurés à l’aide du modèle MIA. Dans le détail, les dépenses auprès de fournisseurs et les rémunérations versées stimulent une demande pour le reste de l’économie française entraînant des effets d’entrainement totaux estimés à 1 million d’emplois, 166 Mds€ d’activité et 3% du PIB.

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